Archive for the 'E’ville fragments' Category
Published by luc on janvier 12, 2013
under collage, correspondance, dessin, E'ville fragments, entre parenthèse (...etc.).

Pareil à Stanley je remonte « Congo une histoire »…
Il me remet en mémoire les propos de ma mère sur la traversée allant de la Belgique à Matadi où, les deux derniers jours, l’eau de l’océan de bleu-vert qu’elle était, se teintait d’ocre et de jaune, signe que l’on s’approchait du fleuve.
De fait, sur un rayon de huit-cents kilomètres, le fleuve se jette dans l’océan par une toute petite ouverture qui charrie des alluvions allant de troncs d’arbres dénudés à des touffes d’herbes…
Et dans ce bouquin il y a aussi…
Ah mince !
La sonnette !
Bougez pas,
j’arrive !
Published by luc on novembre 4, 2012
under collage, correspondance, E'ville fragments, lambeaux, Lubumbashi lambeaux, photos, rapport au sol
La vieille Borgward allait bon train
sur la tôle ondulée reliant Lubudi à Likasi
(on disait Jadotville à l’époque)
Par la vitre grande ouverte
le petit à l’arrière ne perdait pas une miette
du spectacle des nuages.
De temps à autre
croisant d’autres voitures
ils prenaient garde à relever les vitres
la route disparaissait alors
sous la poussière volatile,
puis
la latérite traversée
elle réapparaissait
comme par enchantement.
Le môme reprenait sa lecture des cieux
s’abîmant dans la contemplation
des récits merveilleux
de la vapeur d’altitude.
les cumulonimbus
avant que de laver le ciel
de ses mirages d’histoires
déplaçaient majestueusement
leur ample tulle
comme de nobles dames
se transformant à vue
narrant
lentement
des contes d’un autre temps
au gosse
formes échevelées
d’animaux étranges
certains terrifiants
d’autres fabuleux
selon
il y voyait
mille et une histoires
dans ces imbrications gazeuses
de continents
de pays et d’îles à la dérive
de ces territoires de l’enfance
que jamais l’on ne retrouve plus tard
avec cette même acuité.
…

…
Nous roulions par cette même route d’antan
les nuages étaient là
mais ce n’était plus que le souvenir
des yeux du gosses
dont je me rappelais
celui de la route aussi
fi des histoires qu’il lisait alors
dans les nuées
ce que j’y voyais à présent
c’est que nous allions avoir une solide drache et que
les ornières
torrents de boues instantanés
allaient transformer la piste en potopote (*)
aussi glissant que du verglas
il faudrait lâcher le volant à basse vitesse
laisser la camionnette suivre son chemin
en évitant de patiner et de s’embourber.
Likasi était encore loin…
Nous n’arriverions certainement pas avant la nuit.
Je t’en fiche des histoires dans les nuages !
On allait en baver,
ça oui !!!

(*) « boue » en Swahili.
Published by luc on octobre 4, 2012
under collage, correspondance, E'ville fragments, entre parenthèse (...etc.)., lambeaux, Lubumbashi lambeaux
Avec un peu de gouache
trois bouts de carton
et un peu de ficelle
Papa arrivait à faire
de véritables petits miracles
pour nous amuser.




Ou bien
ils faisaient semblant
maman et lui
d’être « prisonniers »
et nous devions les délivrer.
.
Quels beaux dimanches alors !
…
(Images copyrights : Charles Eames, Toys).
Published by luc on septembre 23, 2012
under collage, correspondance, E'ville fragments, entre parenthèse (...etc.)., hotels, insectes, lambeaux, Lubumbashi lambeaux, moisi, sons
C’est ça
d’un seul coup
d’un seul
tout lui revient
un bouquet d’immortelles
des roses
sont sur le sol
il les range sur le guéridon
passe au salon
le grand chien
un Danois
se lève et sort
par le côté droit de la baie vitrée
pour aboyer vers un inconnu au loin
échalas dégingandé
Thierry s’avance vers lui
lui tend un livre cartonné
précieux
il vient d’éteindre l’ordinateur
plusieurs fois
dans la semi-pénombre
il feuillette l’ouvrage avec précaution
s’émerveillant des pages monochromes qui se succèdent
d’invisibles et précieuses ciselures
à l’œil nu
lorsqu’il tourne les pages
déploient des popup abstraits
sabine est là aussi
elle habite la maison désormais
elle vient vers lui pour signifier
qu’il faut faire les valises
maintenant
et changer d’île sous peu
en tout cas,
le bébé était transparent au fond du couffin
ça
il s’en souvient très clairement
l’homme en haut de forme explique à un ami que ce n’est pas grave
ils sont beaux tous les deux
à contre-jour
mangeant du céleri en branche
et se frottant le pied gauche
à présent la lame de fond les dépose sur le côté de la grande forêt
avec douceur
et tous ensemble ils rentrent dans la grande cabane du bord de rivière
c’est à ce moment qu’il entend cette voix lui dire avec insistance
Quatre-vingt-treize moins sept,
quatre-vingt-treize moins sept…
sa fille le regarde avec insistance,
tenant sa main,
pauvre main…
Papier, pantoufle, ciseaux,
ça ne voulait déjà rien dire pourtant ?
Le rêve revient avec persistance,
tous les rêves qu’il a fait,
du plus loin qu’il se souvienne
tous les rêves reviennent
il ne peut plus contenir ces flots d’images et de couleurs qui l’envahissent…
Quatre-vingt-six comme dans un songe
Bien !
Quatre-vingt-six moins sept…
Il remet ça.
Mais que lui veut cet homme en blanc ?
Si bon et à contre-jour lui aussi.
Peut-être qu’il a du céleri, lui aussi
Quatre-vingt-six moins sept…
Il insiste.
Soixante-dix-huit, mais il le garde pour lui,
il va lui dire soixante-dix-neuf…
Pour blaguer !
Bien sûr qu’il se souvient quel jour nous sommes
et où ils se trouvent.
Ils sont dans la grande maison !
La grande maison des parents.
Maman ne va pas tarder
il y aura de la tarte aux groseilles du Cap.
Papa reviendra bientôt du travail .
Après on jouera…
Oui,
on jouera.

(… A sa mémoire)
Published by luc on juillet 5, 2012
under cinéma, collage, correspondance, E'ville fragments, entre parenthèse (...etc.)., lambeaux, Lubumbashi lambeaux, photos, rapport au sol

(Peter Lindbergh)
Des fois maman devait aller me rechercher à Macapète city pour me ramener de mes explorations séléniennes.
Dame ! La brousse, derrière la maison, était grande et je n’avais pas de montre. Je crois que c’est à l’époque que j’ai décidé de devenir explorateur et que, plus tard, je serais inventeur aussi.
« Page précédente — Page suivante »