Archive for the 'les carnets' Category

… Expérience.



« Elle tenta par des ruses à sa façon
de me détourner de mes recherches.
Que croyez vous qu’il arriva? »

(inconnu, début du XXIème siècle).

à partir de cette citation et des documents mis à votre disposition vous développerez le sujet et toutes les conséquences qui en découlèrent.

Dans cette nuit débarrassée de toute chimère…



A l’image de ses grains de beauté,
sur son carnet de Moleskine,
elle compilait les étoiles
les unes après les autres;
elle savait qu’il ne reviendrait pas.

Blondinette et Ciragette… Suite en peluche.


A présent que vous connaissez Blondinette et Ciragette
Comment ça, vous ne vous rappelez plus?
(mais si, souvenez vous)
, ,
,ici, elles avaient trouvé une goyave

,et là elles jouaient à la marelle.

Ou encore elles parlaient de Degas

,et là Kodak entrait dans leurs vie

,en fouillant j’ai retrouvé ça aussi (la première prend la quille et la boule, c’est à ça qu’on la reconnait)

,et puis ici, encore sur leurs drôles d’échasses clip-clop

,là (ça vous revient maintenant) elles étaient à la pêche

,et là elles pendaient du linge

et enfin là (suite aux plaintes des voisins, j’avais changé l’avatar du blog).

Vous voyez que vous vous en souvenez maintenant.
Bon! je reprend,
ne m’interrompez plus.
De Rhodésie les parents avaient ramené un ourson en peluche…
Le bébé suivrait sans doute?
Je rappelle au passage que Blondinette est la moins brune des deux.
(çà, j’en suis fier, car je contracte en une seule phrase Marcel Aymé et Alphonse Allais qui sont mes deux chéris d’humour en littérature, je fais un clin d’oeil au passage à ce vieux Desproges qui, s’il vivait encore, aurait ô combien raison de me la jalouser).
Avec tous ces apartés j’ai oublié ce que je voulais vous raconter aujourd’hui…
Peut être que ça me reviendra demain?
ou pas.

Petit aparté… Autour du 24. 09.’91 à Kinshasa.

L’autre soir, j’étais chez des amis à l’occasion d’une « auberge Espagnole » (l’évènement fêté était tout autre, ça, je ne l’ai su que plus tard!)
et, en attendant les retardataires, nous décrivions nos vacances respectives aux quatre points cardinaux: les uns avaient découvert Istanbul pendant une (trop) courte étape puis avaient fait de la rando en Bulgarie, les autres étaient allés dans le Sud (là où il ne fait pas bon être fleur, tant la température monte dans les alambics) se frotter à l’extraction d’huiles essentielles de lavande et autres fragrances …
Suskind nous l’a décrit mieux que moi!
quand à bibi, avec ce “voyage” si peu ordinaire dans le temps, je bichais de donner en primeur et en ménageant les effets (vous me connaissez) l’émerveillement de ce que j’étais allé y chercher, tout en temporisant et rappelant que mon copain et moi devions être à peu près les deux seuls touristes au Congo à ce moment là…
Parlant de l’état pitoyable de la situation là bas, je sors, de ma poche, un billet de 500 F.C. valant environ 0,66 $ et le donne à mon pote qui fêtait ses 35 ans… Avec une boutade du style: « tu t’achèteras ce dont tu as envie, je n’avais pas d’idée. »
35 ans quel bel âge!
il ne m’avait pas dit qu’il passait le cap, le sot!
et puis ça ne se fait pas d’arriver sans cadeau;
mais ce n’est pas de ça dont je voulais vous parler.
Sa compagne s’esbigne en douce et reviens avec un petit “album-photo-décoré-en-plastique-ringard” qu’elle me tend (je m’aperçois du pléonasme en le tapant) je considère la chose avec ce qu’il faut de considération vis à vis d’un objet A5 tel que celui-là…
Ne pas froisser les susceptibilités sur les choix esthétiques, tel est mon credo…
Autre façon de dire « les goûts et les couleurs… »
Je l’ouvre et trouve “sa” petite collection de billets de banque du (déjà) Zaïre cher à Mobutu avec les billets gravés à l’effigie du dictateur sur les zaïres (ça va “Zaïre” du portefeuille disait-on à l’époque… Le Belge est espiègle, quand même!)…
Chaque billet soigneusement rangé avait son petit emplacement, bien plié dans sa désuétude, sa dérisoire inutilité monétaire…
C’est alors qu’au détour d’une de ces pages de plastique, je tombe sur cette lettre, pliée en quatre, de sa main, à 11 ans …
Elle m’invite à la lire.
En ‘91, ses parents étaient à Kinshasa et, pour changer, le pays était agité de troubles en tous genres… Tout comme plus tôt les guerres Katangaises ou l’avènement de Joseph-Désiré (sic) Mobutu (pas encore Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga etc.) en ’65 avaient semé un vent de panique voire de terreur dans la population blanche…
A quelques années de décalage, je croyais lire une missive que j’aurais pu écrire, 20 ans plus tôt, dans des conditions identiques…
Mais laissons-lui la parole…
Diane, je te remercie de me permettre la diffusion de ce document, les fautes d’orthographes restent savoureuses, mais la pensée, cette petite pensée inquiète d’une enfant de onze, reste, par delà les mots.
C’est à la recherche de ces sensations là, que je suis, dans mon travail de plasticien…
Et pourtant, un cadeau d’anniversaire à 0,66 $ qui dit mieux?…
Mais ce cadeau-ci, lui, est et reste inestimable.


Pour ceux que ça intéresse « whisky-pédia » a un article relativement objectif sur la situation politique de cette époque.

L’Hottentot ne rentra pas trop tard ce soir là.


Cependant que l’authentique Hottentot,
Pinocchio involontaire
face au cornet gravant la cire du rouleau,
racontait sa race et sa langue,
scandant du geste ses mots et ses claquements de langue…
Khoïsan inintelligible pour le vulgum pecus que nous sommes,
peut être que ce petit bonhomme
(déguisé à dessein par l’homme blanc?)
ne disait rien d’autre
que ce que Terence Davies nous raconte
dans « Of time and the city »,
(vu hier à l’Arenberg):
* * *
« We love the place we hate,
then hate the place we love.
We leave the place we love,
then spend a lifetime trying to regain it.

Come closer now
Come closer now and see your dreams.
Come closer now
Come closer now and see mine. »
* * *
Si les images, du film, restent discutables…
Le texte, lui, reste d’une belle tenue,
J’aime définitivement (definitly!) ce recul et cet humour qu’ont les Anglais sur l’existence
(Chr°n° va sourire)… Et puis, tout comme Agnès Varda et ses « plages »,
je reste profondément curieux de ce travail sur la mémoire,
fait de bribes et de lambeaux épars.
* * *
Adieu petit aborigène disait Dutronc à la fin d’une chanson.

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