Archive for the 'dessin' Category
Les clameurs s’étaient tues.
Pareille à un tambour
mandala immobile
elle résonnait
au son de la pluie ;
la flaque
goutte
après
goutte
prenait
de
l’ampleur
et
diluait
la
craie
bleue
du
ciel
les
rouges
incarnats
le
jaune
safran
le
vert-wagon
et
pareil
au
lin
le
mauve.
Lundi, la marelle serait à refaire sur son palimpseste dilué.
.
.
un,
deux,
trois…
Quatre-cinq,
six…
Le souvenir de ses « asperges à la flamande » me revient en mémoire.
. . .
Aussi étrange que cela puisse paraître,
nous qui avions deux yeux,
nous qui étions dans le binoculaire,
nous qui parlions encore de nous…
S’entendre dire que la chaise n’était pas à la bonne distance du modèle,
ou que la verticale du cou…
Ou que « l’ombre portée enfin-quoi ! » n’était pas à sa place…
Il nous venait comme réflexion que c’était le bon oeil qui lui restait.
Deux ou trois mots pour chacun…
Mais quels mots !
pas bavard « le » Stan.
Autour du modèle… Darib, Andrée et les autres… On atteignait le monacal dans ce silence de graphite.
De son oeil il voyait la profondeur dans notre dessin…
Et en nous.
Adorable Stan ! premier mécène de ses anciens étudiants, il déboulait le premier au vernissage marmonnant un bonjour à peine audible et filait avec Renilde (sa Rididine à lui) voir les tableaux, les dessins, les sculptures, les photos, peu importe… Puis revenait un peu inquiet (pour la forme) demandant si le 37 était déjà vendu auquel cas il en avait vu un autre qui, que… Mais bon !
non le 37 n’était pas encore vendu…
Le 37 c’était pour lui.
Premier acheteur il faisait décoller les ventes avec « son » premier point rouge.
S’attardait rarement,
content de « leur » achat, à Renilde et à lui, il repartait en disant…
-Tu nous l’apporteras, dis ? on se fera un petit casse-croûte à la maison…
Tu n’as rien contre les asperges ?
… Contrairement à Manet, il n’en manquait pas une.
Homme entier, sans détours, avec son franc-parler il m’avait confié un jour avoir accueilli la pension avec soulagement parce qu’il ne se sentait plus aussi « hargneux » qu’avant…
Et il en faut de la hargne dans ce métier de passeur…
Le « pas baisser le pavillon enfin quoi ! ».
Monsieur Hensen vous étiez un grand bonhomme…
Merci de votre trace.
. . .